L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER (3/3)

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER (3/3)

Pif  » privée » de TV !

Encore un jeu de mots pour expliquer que cette troisième partie, conclusion de notre dossier va tenter de relier la mutation de la télévision française avec l’inévitable fin du Télépif poster. Car Pif va subir 2 petites claques sur le museau qui vont profondément impacter l’avenir du supplément mais aussi du magazine en lui-même.

3-A: LE CAS DOROTHEE

Pif et Dorothée, c’est une longue histoire d’amour. Enfin si on veut être honnête, c’est une longue histoire entre le département Emission Jeunesse d’Antenne 2 et le journal.

Jacqueline Joubert, la responsable de cette entité chez Antenne 2 voit en Dorothée une idole jeunesse idéale dont il est important de construire l’image puis la carrière. Quand Récré A2 devient une émission phare grâce à Goldorak et autres premiers animé japonais, la présentatrice sort carrément de la lucarne où elle chantait timidement pour bercer les enfants, pour devenir la présentatrice star des enfants et…( attention à ce que vous allez lire, il faut le garder dans le contexte!) chanteuse sous contrainte qui commence avec la société AB dès 1980 avec deux albums qui ne font qu’étendre commercialement sont rôle de nounou télévisuelle. A savoir un 1er album qui est un conte chanté « aux pays des chansons » et un deuxième qui est une compilation de génériques de dessins animés chantés par Dorothée.

Pourquoi je vous parle de ça me direz-vous? Et bien c’est crucial pour la suite…

Dorothée est donc une égérie mais qui doit en tant que telle remplir quelques obligations. AB pilote pour le moment son parcours de chanteuse et Jacqueline Joubert son image télévisuelle.

Présente régulièrement dans les 2 stars des kiosques que sont PIF et Mickey, Dorothée à partir de 1985 va devoir honorer de sa présence beaucoup plus PIF GADGET, car le deal « TRUFFES D’OR » ( opération commerciale détaillé dans la partie 1 de ce dossier) lie le département Jeunesse d’Antenne 2 au magazine.

Des apparitions, Dorothée en avait déjà fait plein dans le magazine, et en 1984, la première session des truffes d’or ne la montre pas. Alors pourquoi à partir de 1985-1987, Dorothée doit elle autant prêter son image au magazine ? La réponse est simple : KAREN CHERYL !

Et oui, sur TF1, on a misé sur Karen Cheryl pour présenter les émissions jeunesse ( VITAMINES) et puisque Dorothée doit renforcer son image, Pif sera un des leviers:

Présentation de Gadgets, présence dans les numéros anniversaires ( 842/1000 par exemple), opérations de solidarité (871), Truffes d’or…Dorothée est partout là où Karen Cheryl est nulle part.

« Une sélection d’apparitions  » marketées » de Dorothée dans Pif entre 86 et 87« 

« Et puis arrive le chant du cygne avec les numéros 940 à 943 puis du numéro 945 à 948  »

Ces deux séries de numéros méritent qu’on s’y attardent un peu.

La première est une série de gadgets présentés par Dorothée et Jacky alors que lui même est parti sur TF1 présenter le JACKY SHOW et reprendre l’animation de VITAMINES depuis 1 an et l’autre est toujours sur ANTENNE 2 en charge de RécréA2.

Cette séance était censé promouvoir bien plus tard dans PIF leur retrouvailles sur TF1 ( c’était déjà signé, Dorothée savait qu’elle partait) mais AB production a expressément demandé au journal de faire paraître l’opération avant l’opération CLIP PARADE, sous peine d’annulation du partenariat et comme pied de nez aux numéros suivants.

Car du numéro 945 au 948, est publié un concours sur 4 semaines annonçant Dorothée et…Récré A2 ( elle était ceci dit encore en poste).

« Les numéros à avoir si on veut les dernières apparitions de Dorothée« 

Pif n’a pas eu le choix, car perdre les 4 numéros avec Jacky et Dorothée ensemble c’était perdre de sacrés finances providentielles pour un journal déjà pas à l’aise économiquement.

Et AB , pendant ce temps là, annonce la couleur à des centaines de milliers d’enfants mais surtout avant qu’une quelconque information de transfert ne se répandent dans les médias.

« En aparté, expliquons que Dorothée part à la fois rejoindre entièrement AB pour devenir la directrice de leur unité Jeunesse, mais aussi parcequ’enfin libérée de son statut vitrine d’Antenne 2, AB lui promet désormais une émancipation lui permettant d’exprimer pleinement sa carrière de chanteuse, à travers albums personnels, tournées et mises en avant comme jamais auparavant. C’est le moment de sa vie où être une artiste reconnue, n’est plus à l’étroit derrière son rôle de présentatrice« 

Pourquoi tant parler de Dorothée, et toujours pas de la suite des aventures du TELEPIF ?

Parce que ce départ signe à la fois le début de la privatisation de TF1, de la reprise de son image, mais aussi de tout ce qui lui sera liée ( artistes, dessins animés, chansons etc..) car AB détient désormais l’entière exploitation de ce qui gravitera autout de son nom de scène.

Seul Corbier sera l’électron libre, rattrapé de justesse par Dorothée, à titre amical, mais en contrat à part, ce qui lui permettra encore d’apparaître quelques années dans PIF ( jusqu’en 90 avant de devoir signer définitivement chez AB) avec notamment ce fameux Pif poche où Corbier est dessiné dans une série de farces par le dessinateur des Radio Kids : CURD RIDEL:

Pour PIF GADGET, cela se traduit par l’impossibilité totale de publier une image de dessins animés diffusés dans le CLUB DOROTHEE, ni même une image de l’un des présentateurs de cette émission.

En gros, plus de couvertures, plus de posters, plus de grilles de programmes avec la citation d’un des dessins animés, car toutes ces méthodes sont des méthodes commerciales destinées à booster les ventes du magazine.

A l’heure où Dorothée et sa bande réalisaient des audiences records, avec plus de 80 heures d’antenne et des animés aussi célèbres et cultes désormais que Dragon Ball, Les Chevaliers du Zodiaque, Ken le survivant et autres Sentai type Bioman ou Spielvan, Pif ne pouvait absolument plus toucher du doigt à toutes ces licences. Même les truffes d’or en 1988 sont tentées sans aucun dessin animé appartenant à AB, ce qui paraît impensable et malhonnête car on sait bien que les enfants ne juraient que par TF1 en cette année. Ce sera d’ailleurs la raison pour laquelle il n’y aura plus de millésime les années suivantes.

Comment faire perdurer le Télépif dans ce contexte ?

Arrive alors la troisième mouture de ce supplément. Sa philosophie s’impose d’elle-même, car sans pouvoir parler de tout ce que fait AB, plus la peine de de proposer une grille de programmation…

Celle-ci sera remplacée par du contenu  » journalistique » qu’ion peut d’ailleurs estimer de qualité pour certains numéros et proche du néant pour d’autres…

Dans notre exemple en photos, on a au final une interview ( un document d’attaché de presse, avouons-le) d’ELSA, un focus sur les programmes de rentrée à venir, et un concours en partenariat avec FR3 et le « Thomas Pesquet » de l’époque, j’ai nommé Patrick Baudry !

Quant au poster, c’est une image capturée ( procédé toléré encore à l’époque sans trop devoir s’embarrasser avec les copyright) de PRINCE, alors très populaire dans le cadre de la BATMANIA qui sévissait avec la sortie du film éponyme de TIM BURTON:

Le papier utilisé est désormais mat, le poster de plus en plus petit et la volonté assumée est de proposer un petit magazine parlant de la télé. Ce qui en soit est sans doute le plus réussi en terme d’éditorial depuis la création du supplément. On regrette immédiatement l’absence de la grille de programmation un poil engagée que l’on aimait retrouver chaque semaine.

Coté « Posters », rien ne va plus et devoir proposer chaque semaine un poster attrayant sans tout ce qui passionnent les enfants dans le club dorothée, cela rend la tâche compliquée. Quelques stars emblématiques, du sport, des animaux avec parfois des photos floues, pas très belles…bref, ça sent le bricolage sans trop chercher à s’embêter avec les droits et copyrights.

La formule coûte cher, car il faut payer le contenu journalistique et la maquette de l’ensemble, et n’est plus du tout populaire car non seulement les enfants n’y trouvent plus leur compte niveau  » héros préférés » mais commencent aussi à loucher vers des loisirs d’un genre nouveau: les jeux vidéo !

AB m’a tuer ( faute volontaire 😉

Et puis dès 1989, AB production sort son propre magazine nommé « CLUB DOROTHEE MAGAZINE ». Celui-ci parlent chaque semaine des séries dont sont fous les enfants, abondent de posters et proposent même en BD ( une véritable arnaque, car de simples captures d’écran des dessins animés avec des bulles de dialogues assez crades rajoutées dessus avec un photoshop au rabais).

Il va même récupérer la formule des truffes d’or en créant un concours similaire intitulé « les CLUBS D’OR »

Ce magazine va tirer à plus de 150 000 exemplaires pendant que PIF arrive péniblement à entretenir les 50.000…

Impossible de lutter contre ce rouleau compresseur qui récupérera tous les 6-10 ans en kiosques de 1989 à 1995 !

Ce phénomène presse, plus les magazines de jeux vidéo… que restent-ils à faire si ce n’est survivre ?

« Franchement ? Quand tu étais bercé chaque semaine par les programmes du Club Dorothée, une fois en kiosque face à ça, à 8 ans ? Et bien tu oubliais l’existence de Pif Gadget »

3-B Survivre oui, mais à n’importe quel prix ?

Bon an mal an, et malgré tous ces contestes défavorables cela nous mène jusqu’au numéro 1087, qui clôture définitivement l’appellation Télépif… mais pas les posters !!

Même si ceux-là deviennent juste une double page la rédaction est conscient qu’ils restent un argument de vente mais surtout un prétexte à générer de l’argent en jouant avec les technologies du moment.

Et là, parlons franchement, la rédaction n’avait plus un soupçon de moral et le service commercial avait clairement décidé de faire du pognon sans aucune restriction ou valeurs. La survie imposant sans doute l’absence de toute moralité.

A partir du numéro 1088, apparaît un encart agrafé au centre de chaque numéro à venir nommé ALLO 36-15 PIF.

Le principe en est assez simple : en gros les lecteurs sont invités à poser leurs questions sur le 36 15 code PIF ou par téléphone au 16.1 40 16 00 72. Questions donc rémunératrices à destination des stars du moment, mais aussi (!) à des personnages fictifs !

Enfants naïfs à l’époque peut-être que nous pouvions y croire mais franchement avec un regard d’adultes, Pif pouvait transmettre nos questions à des stars comme Madonna? Mickael Jackson ? Astérix ???? ROGER RABITT ???!!!

Bien sûr que non, mais l’affaire reste juteuse:

Ces interviews fictives sont validées par les maisons de disques, éditeurs de BD, diffuseurs de films et sont considérées comme des publi-merciales ( jargon marketing censé croiser un peu d’éditorial au profit d’un contexte publicitaire). Le procédé est omnicanal car ils demandent aux enfants d’appeler des numéros payants pour lesquels le journal récupère des pourcentages sur les recettes engrangées, mais au profit d’articles orientés pour la plupart et prétextant une publicité que les annonceurs paient.

Pour illustrer, voici un exemple avec le numéro 1095 dédié à Astérix ( qui bien sûr, est sorti de ses planches pour parler avec PIF ;):

Photo 1: vraies questions payantes, fausses réponses gratuites

Photo 2: Un poster sans doute, une publicité, clairement !

Photo 3: Allez on va te soutirer un peu d’argent car Bugs Bunny veut te répondre. Quel chance tu as !

Et les posters sont le reflet que Pif n’en a plus rien à faire de faire du commerce avec n’importe quoi et n’importe comment !

Il ne peut pas utiliser Dragon Ball ? Tant pis Pif contournera cela dans le numéro 1091 en proposant un poster de la première figurine sorti en France en photo !

Olive et TOM commence sa diffusion sur TF1 ? Tant pis, Pif propose un poster dans le 1106 en y mettant une autorisation de la 5, chaîne qui le diffusait juste quelques mois auparavant !

On ne s’attardera pas trop sur cet encart, qui s’enfonce de semaine en semaine vers un prétexte commercial pour générer des fonds via les télécommunications payantes. On ne compte plus les 36-15 PIF, RAHAN, ou numéros de tel surfacturés qui inondent les pages du magazine, allant jusqu’à des messages presque nauséabonds ( comme cette page jeux dans la galerie suivante qui rend les concours payants) :

« Croyez le ou non, mais la galerie ci-dessus compile uniquement les publicités 36-15 d’un seul numéro ! ( le 1106) »

La conclusion ultime est atteinte lors du passage de  » ALLO 36-15 PIF » vers le PIF MATCH

Un simple encart publicitaire pour les télécommunications payantes des éditions VMS où de semaine en semaine c’est un bordel sans âme avec parfois un poster, parfois…un montage hasardeux d’images sans rapport avec le match et sans rapport avec grand chose d’ailleurs. Le Match, d’ailleurs, est aussi inutile que mercantile et je ne suis pas sûr que beaucoup de jeunes lecteurs se soient intéressé à ces comparatifs hasardeux ( Bruel contre Sardou ? Hulk contre Freddy?…) au point d’aller claquer 10 francs en minitel dans le dos des parents.

Pour illustrer cela, voici les scans du 1er numéro paru dans le PIF 1132 qui soyons franc, n’a plus de cohérence sauf d’essayer de caser tout, là où c’est possible:

Nous nous devons quand même de sauver l’honneur avec les tentatives durant cette période, de proposer des posters mettant en scène Pif et Hercule et dont voici 3 exemples :

CONCLUSION

Tenter de raconter la génèse du TELEPIF POSTER , c’est quelque part expliquer une part du déclin du magazine Pif Gadget. On y décèlent des choix, des contextes économiques, une évolution des loisirs des enfants, une réalité commerciale qui s’est durci avec le temps ( notamment avec la privatisation de TF1, véritable raz de marée pour les émissions jeunesse des chaînes concurrentes et pour la presse enfant dans son ensemble) qui ont chacun, chacune contribué à empêcher PIF de se renouveler et de surfer sur cette époque en mutation perpétuelle.

Ce supplément a connu un démarrage superbe et laissant entrevoir un marketing audacieux, efficace, en phase avec son temps. Pif gadget dans son ensemble l’était tout autant en 1984.

Puis le service publicitaire à joué sur de trop nombreux tableaux, rendant le magazine fragile et dépendant des tendances de cour de récré. Plus vraiment d’âme artistique, plus de nouveaux gadgets, Pif est devenu un tout marketing qui, lorsque de nouveaux médias sont apparus, déportant l’intérêt des enfants mais aussi des publicitaires vers d’autres terrains d’expression, n’a pas pu s’en remettre…

Le Télépif a donc suivi à travers son évolution, un parcours similaire et est passé d’un supplément culte, à une vulgaire feuille de pub…

Comme son écrin.

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER (2/3)

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER (2/3)

Bientôt disponible en XS…

A la fin du 1er chapitre, nous laissions notre histoire à un moment charnière. Un mauvais moment pour tout dire…Celui où les éditions VMS décident de tenter l’impensable: Vendre chaque semaine un PIF sans gadget !!!

2-TELEPIF POSTER: La lente descente aux enfers…

Oui, le numéro 875 est en soi une révolution. Pas forcément celle que l’on attendait mais cela fait des années ( pour tout dire depuis 1981) que le calcul est le suivant: Les ventes du magazine baissent, car esclave de la qualité du gadget , beaucoup trop mis en avant comme argumentaire d’achat en kiosque depuis 1975. Ce qui a créé autour du contenu du magazine en lui-même, une forme de non identité, pourtant très forte une décennie en arrière.

A force de squatter les couvertures sans cesse, le gadget a fait passer derrière la pertinence  » lecture ». Les parents ont de plus en plus l’impression d’acheter une pochette surprise qu’un magazine.

Il faut donc trouver un moyen d’inverser cette courbe des ventes en mettant en avant le magazine en lui-même? et non pas forcément le gadget. Et arriver petit à petit à se passer du gadget.

Cette philosophie commence en 82 quand Pif Gadget devient : Le nouveau PIF et son gadget. Une première étape franchit notamment avec pour la première fois une couverture recto et verso. L’une vantant le gadget et l’autre le contenu du magazine. Ainsi, en kiosque, la façon de présenter le journal sur les étalages influera peut-être sur des motivations différentes et la rédaction pourra enfin remontrer que PIF est un journal rempli de contenu, de BD et d’infos. Et puis si le gadget est mauvais aux yeux des parents, la deuxième couverture rattrape le coup ( un enfant malin prétextant qu’il adore la BD qui est dans ce numéro)

1 recto ou verso pour t’appâter avec du contenu…

1 recto ou verso pour t’appâter avec le gadget

La nuance est faible mais PIF GADGET n’est plus et devient « le nouveau PIF et son gadget ». Ceci afin de bien expliquer que c’est un magazine avant tout et que la mention  » et son gadget » détachée en bas peut du jour au lendemain disparaître.

Une façon de tâter le terrain, complétée par une multiplication des publications à cette époque, pour que la trésorerie que génère et engouffre le magazine redevienne saine en tentant petit à petit d’amoindrir l’effet gadget et en faisant acheter d’autres publications VMS (pour la petite histoire, PIF SUPER GADGET avait été tenté pour petit à petit détaché le gadget du magazine principal et créer 2 achats distincts avec progressivement plus de gadget dans le magazine principal)

Mais la suite vous la connaissez…le gadget n’a jamais disparu, l’enlever déclenchant 1 risque d’écroulement des ventes qui serait fatidique pour le groupe.

Sauf qu’en 1986, la pression financière est de plus en plus forte et les éditions VMS doivent faire des économies. L’année commence donc avec 2 décisions: tout d’abord PIF et son Gadget est rebaptisé PIF tout court. Le logo du magazine change après 4 ans de stabilité et annonce la couleur: le magazine est débarrassé de l’obligation d’offrir un gadget !

La photo de ce numéro 875 évoque la deuxième et fondamentale décision: plus de cellophane !

Pif désormais, est un magazine qui peut t’offrir de temps à autre des cadeaux, et le mot devient maître dans cette nouvelle formule comme le montre ces scans de pages de ce numéro:

3 fois le mot « cadeau » dans l’éditoriale ? Si ça , c’est pas fait pour t’expliquer que l’ère du gadget est en phase terminale ?

Et le premier cadeau est un calendrier en papier !!
Normal,on ne doit plus ou peu pratiquer le cellophane pour économiser . Pif le Mag 2021 avant l’heure…

Oui plus de cellophane ! Du moins pendant 13 numéros, va être testé des numéros sans et avec pour voir l’influence sur les ventes. Pourquoi 13 ? parce que c’est la période nécessaire pour avoir les résultats de ventes via les retours des buralistes. A partir de la semaine 13, on connaît les ventes du 875, puis la semaine 14 du 876 etc…

Ceci explique que jusqu’au 899 , les éditions vaillant tenteront des numéros sans gadgets, avec , ou avec suppléments publicitaires ( les albums panini de COBRA et de JAYCE, respectivement dans le 879 et le 890 ) ou gadgets en papiers agrafés au centre du journal ( le Recorama par exemple du numéro 898).

2 exemples de numéro contenant un  » Gadget ( mot revenu très rapidement en lieu et place de « cadeau » ) en papier:

Mais plus les résultats tombent, plus ils sont catastrophiques…et on sait que durant cette période, les ventes ont chuté de plus de 30%. A partir du numéro 899, la décision est prise de remettre systématiquement chaque semaine 1 gadget et même de remettre du budget dans le magazine pour en proposer des plus beaux et plus variés. A ce sujet, cela se vérifiera sur la période 900-1000.

Mais notre télépif poster dans tout ça ? Que lui est-il arrivé face à ces révolutions?

Tout d’abord le voilà à partir du numéro 875 et pour toujours, agrafé au centre du journal. Cette décision impose que son format change, mais sa maquette reste la même et la grille de programme est toujours fidèle à son esprit d’origine. Le poster voit sa taille baisser de 20% mais avouons que ça reste encore très sympa et complet pour un gamin de l’époque.

Avant / Après le numéro 875

Mais revenons aux résultats de ventes énoncés précédemment. Le pari du sans gadgets a échoué et il faut donc remettre très vite ce constituant vital, car les abonnements ( 60% des ventes) et les ventes directes s’écroulent.

Le gadget revient, alors il faut faire vite des économies ailleurs. Vous vous souvenez des 100 pages du numéro 875? Dès le 893, on repart à 52 pages, ni vu ni connu. Et là aussi sans rien dire, le Télépif poster subit un régime drastique.

Cette fois-ci le poster réduit de 50% sa taille et la grille de programmation est abandonnée au profit d’une sélection de programmes ( tout à fait subjective) comme le démontre la galerie d’images ci-dessous.

« Heu…qui pense à l’âge du lecteur en lui proposant cette sélection de programmes ?« 

« A part BURAGO, il y a quoi de visible et lisible dans cette double page ? »

« La mise en page pense d’abord aux annonceurs publicitaires« 

« A droite, le poster jusqu’au 893, à gauche…le même supplément…mais à la diète« 

Et oui, vous l’avez sans doute compris en regardant les photos, télépif devient d’abord un support pour les annonceurs publicitaires qui, avec la réduction de taille de ce supplément, en veulent pour leur argent et occupent toutes les pages et plusieurs fois par semaine ( à ce propos, le contrat avec la marque BURAGO devait être conséquent parce que là, c’est un véritable matraquage et cela durera de longs mois).

S’il faut de la place pour la pub, il y en a moins pour les programmes et la fameuse grille que l’on aimait tous. En gros il faut faire des choix et celle-ci disparaît. Choix d’ailleurs accentués par le fait que la division qui s’occupait de la rédaction des contenus de Télépif était composée de gens qui travaillaient pour Miroir sprint , la société qui a fusionné avec Vaillant en 1981? et qui rapportait gros avec des revues sportives telles que Miroir du Cyclisme ou encore ONZE, le magazine football de référence. Oui mais cette équipe s’est aussi réduite avec les économies nécessaires ( et la revente du titre ONZE à un autre éditeur de presse) et du coup, rédiger le Télépif devient petit à petit une corvée, parfois entre les mains de stagiaires qui le remplissent selon leurs humeurs…on va dire. Parfois pour combler les trous, on insère même la rubrique du Gadget dans le télépif, histoire de remplir une page où on a rien à dire!

Mais le mécontentement des lecteurs est grand et se fait savoir à travers les courriers. En gros, la formule ne plaît pas.

Il faudra attendre le numéro 972 pour revoir une grille de programme et le retour d’une maquette rappelant celle des origines. Toujours en taille XS et avec une différence de taille….plus un ( ou si peu) posters de dessins animés !!!???

Quelques nouveautés néanmoins qui préfigure malheureusement de mauvaises idées pour la suite: l’interview Télépif et la dernière page pour de la publicité ou des partenariats

( Au passage, on ne saura jamais si elles étaient vraies, ou si les attachés de presse les donnaient ainsi)

Voici quelques photos pour illustrer cette nouvelle mouture:

Souvenez-vous dans la première partie, nous évoquions des tirages à plus de 200 000 exemplaires courant 83. En 1987, Pif Gadget ne tire plus qu’à 130 000 exemplaires et c’est peu dire que ce supplément Télépif, même s’il est apprécié, même s’il est support publicitaire vital au journal, doit coûter quand même un peu chaque semaine ?

Fausse croyance…et pour s’en rendre compte voici une archive sympathiquement instructive: Un bon de commande pour les impressions du Télépif du numéro 972 justement. A travers le tirage demandé on y devine le tirage du magazine ( 130 300 donc..) mais aussi le coût unitaire du Télépif en question ( à peine plus d’un centime de francs !)

Cela n’est donc pas le Télépif en lui-même qui coûte cher, c’est même un excellent support économique qui ne doit pas disparaître. Mais la réduction du tirage du journal sans réductions des coûts de fabrication du gadget ( bien au contraire ils augmentent sans cesse) commencent à chatouiller sévèrement la comptabilité.

Rappelons pourtant que malgré ces hausses, Pif coûtent toujours 10 francs depuis 1985…

« Mais nous étions en train de dire que les TELEPIFS POSTER à compter du 972, ne proposaient plus de posters de dessins animés, alors qu’ils sont les plus appréciés et que, pourtant, les fameuses truffes d’or annuelles de 1987 pointent le bout de leur nez…on dirait même que certaines images de dessins animés au sein de la grille des programmes n’ont plus lieu d’être…? « 

Une vraie raison à cela…et elle vous sera dévoilé très rapidement dans la troisième et dernière partie de l’histoire du TELEPIF POSTER !

1 indice ? ok ! mais 1 tout petit alors ( par sa taille du moins 😉

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER ( 1/3)

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER ( 1/3)

TELEPIF… qui croyait prendre !

Un sacré jeu de mots pour démarrer ce long dossier. Mais vous allez voir que l’histoire de ce fameux supplément TV à destination des lecteurs de PIF GADGET regorge d’infos sur sa génèse et sa fin progressive. Allez, prenez votre télécommande, zappez sur PASSION PIF et c’est parti !

1-DE TELEPOSTER à TELEPIF POSTER…

De nouvelles concurrences qui motivent un besoin de différence

Nous sommes en 1983. Les enfants qui ont entre 6 et 12 ans cette année-là sont des privilégiés. Ils découvrent la télé en couleurs et des émissions jeunesse qui fleurissent pour eux, avec en semaine une émission phare, j’ai nommé Récré A2 sur Antenne 2 , le mercredi, les visiteurs du mercredi sur TF1 et un Récré A2 d’après-midi et lors des vacances des émissions cultes qui pointent petit à petit le bout de leur nez comme Croques Vacances par exemple.

C’est depuis 5 ans, une évolution perpétuelle. Et si Goldorak depuis 1978 déchaîne les enfants, comme les audiences de ce genre de programmes, il est normal que d’années en années, chaque chaîne développe des heures de plus en plus importantes dédiées aux bambins.

Sans faire ici un inventaire complet ( préférez pour cela l’excellent site : les années Récré), qui aurait oublié sa joie de découvrir des dessins animés aussi mythiques que COBRA, COSMOCATS, TOM SAWYER, CANDY ETC…

Oui, vous les revoyez et là d’un coup tout revient et on a juste envie que la machine à remonter le temps existe !

Dans ce contexte, qui dit des heures en plus devant tout ces héros, dit des heures de moins devant un bouquin ( un peu le 1er cycle de ce qui aujourd’hui est la même pour la télévision au profit des heures passées sur les jeux vidéo et/ ou Internet)

Et Pif ( du moins sa direction commerciale) voit bien que le vent tourne. Déjà TELE PARADE ou TELE JUNIOR grapillent des ventes en affichant en gros sur leurs couvertures les nouveaux héros des enfants, en offrant des posters et des autocollants. Mickey lui fait le beau avec le carton de Disney Channel sur FR3 le samedi soir. Et PIF lui, se voit avec son gadget et ses héros maisons devenir un petit peu moins le pote des enfants. Ses ventes déclinent et on passe à cette époque de 300 000 exemplaires vendus en 1980 à 240 000 en 1983 (chiffres estimés quant aux tirages réalisés sur l’année 1983 et indiqués dans des documents d’archives)

En regardant ces couvertures, tu m’étonnes que les bambins que nous étions louchions sur ces couverture dans nos kiosques favoris ! Pif n’était plus l’attraction numéro 1

Pif Gadget a donc du souci à se faire avec cette satanée télévision et alors que déjà le Gadget devient, et la force et la faiblesse du magazine, ( il commence à coûter trop cher et paradoxalement s’il n’est plus, le magazine s’effondre) et l’heure est à la diversification des parutions pour récupérer d’un coté ce que le  » vaisseau Amiral » ( PIF GADGET était surnommé ainsi par L’Humanité) perd, et de l’autre engendrer une nouvelle typologie de lecteurs, et donc de nouvelles rentrées économiques.

Plusieurs exemples peuvent illustrer cette stratégie :

PIF FILLES / PIF SUPER GADGET/ PIF JEUX ET CASSE-TETE etc… ( oui chacune de ces revues auront bientôt leurs dossiers 😉

Et là où cela nous intéresse aujourd’hui c’est que PIF veut croquer aussi dans le business de la télé pour enfants. Est décidé alors la création d’un magazine qui s’appellera TELEPOSTER ! En gros, puisque PIF n’a pas de licences exploitables en télé, la rédaction va tout simplement tenter de proposer un programme TV dédié aux enfants avec pour attraction principale un Poster.

Oui j’ai bien dit un magazine car au début, rien n’est prévu pour que ce TELEPOSTER soit un supplément de Pif Gadget. C’est un magazine hebdomadaire prévu à 2,50 franc et dont des tests de captation sont réalisés en 1984.

TELEPOSTER a été testé dans certaines régions comme magazine à part entière et ce, pendant 6 semaines ( délai nécessaire à l’époque pour recenser et remonter des statistiques de ventes).

Un test de captation consistant à mettre en avant une nouvelle revue dans certaines régions tests avec achats d’espace type encarts A3 ou présentoirs pour la mettre en évidence et observer l’intérêt ou non des clients réguliers. En gros : « Tu venais chercher ton PIF, alors est-ce que si je te montre ça à coté tu vas l’acheter ? « 

Le test est un bide monumental et d’après Robert Andreucci ( ex directeur des publications VMS à cette époque), c’était couru d’avance, car les programmes pour la jeunesse figuraient dans les iconiques TELE STAR , TELE 7 JOURS et autres TELE POCHE donc, où PIF pouvait prétendre faire vendre un programme à son effigie ( très discrète) en plus du programme que les parents achetaient ?

Impossible aujourd’hui de mettre la main sur un de ces exemplaires tests, car n’étant pas soumis aux retours d’invendus, ils finissaient au pilon. Mais qui sait ? un jour peut-être…

TELEPOSTER est mort né…oui, mais Pif à plus d’un tour dans sa truffe !

Car si TELEPOSTER ne peut pas vivre en tant que magazine, il est clair que son ambition de faire de PIF GADGET, un relais malin et financier des programmes télé reste d’actualité.

Comment faire ?

Déjà, il faut être crédible. Et quand encore une fois vous êtes le terrain de jeu préférés des annonceurs pour les publicités de jouets ou de friandises mais que vous n’avez rien à proposer en licence télé, c’est pas si simple…

Terrain de jeu des annonceurs pour les jouets et les friandises ?

Voilà donc une aubaine pour en faire de même avec les diffuseurs ou les chaînes de télé, qui ont besoin dans un contexte ultra concurrentiel, de faire émerger leur  » offre jeunesse ». On entend par là, démontrer que les dessins animés sont bien meilleurs dans la crémerie 1 que la crémerie 2.

Le service marketing de PIF va alors redoubler d’imagination et proposer un concours aux enfants camouflant un véritable sondage d’opinion pour les chaînes de TV, leur permettant exposition et séduction ( via des prix énormes) à plus de 200 000 lecteurs et 4,5 millions de jeunes en France regardant leurs programmes à cette époque.

PIF lance donc les TRUFFES D’OR. Un fabuleux stratagème marketing qui lui permet pendant 4 semaines et pour la première fois, d’afficher des héros TV en couverture, de mettre des visuels dans ses pages et de faire gagner des prix en récoltant des tendances via ses lecteurs.

Le succès est tel qu’à la fois les ventes du magazine redécollent et que les diffuseurs voient dans le magazine un nouvel axe de promotion de leurs séries ( les truffes d’or dureront 4 années consécutives avant d’être anéanties par l’hégémonie d’AB productions en 89, mais nous y reviendrons dans un dossier dédiée aux TRUFFE D’OR)

Pif vient donc de créer sa légitimité dans le domaine des programmes jeunesse et ressort du tiroir son envie de parler TV toutes les semaines mais cette fois en adoptant directement la stratégie du supplément « offert »

TELEPOSTER OFFERT ? PUBLICITE D’ENFER !

Il faut donc faire savoir que désormais TELEPOSTER va être donné aux lecteurs mais aussi en informer les buralistes qui vont être acteurs ( pas longtemps) de la réussite de ce supplément car c’est eux qui vont le donner aux enfants quand ils passeront leurs Pifs en caisse.

Pour cela Pif propose une double information. La première à l’attention des lecteurs via un supplément volant donné dans le numéro 931( trouvable uniquement dans des PIFS encore sous cellophane ) qui contenait au passage une maquette de navette spatiale extrêmement fragile . Ce supplément est devenu rare mais en voici les photos rien que pour vous !!!

Le 831 nous présente PIF, fier défenseur d’une injustice : il est temps d’offrir aux enfants un programme TV personnalisé

On le voit donc sur la dernière photo, il faut réclamer ce supplément à son buraliste, sinon il y a de grandes chances que ça vous passe sous le nez. Et lui le buraliste ? comment il sait qu’il faut offrir ce supplément ?

Car attention…il y a anguille sous roche dans cette affaire.

Pif vaut 9 francs jusqu’au numéro 931 et « t’offre » pour 1 franc de plus ( sympa la notion de gratuit chez PIF ) le supplément Télé poster .

Sauf que même si ton buraliste te le donne pas, tu paieras 10 francs ton magazine. Il y a donc risque de mécontentement et de confusion car non, tu ne peux pas payer 9 francs si tu ne prends pas le supplément.

« Voilà ce que tu devais recevoir en achetant PIF GADGET un beau matin du 5 mars 1985 »

Alors pour éviter les drames, les pleurs ou les parents mécontents, les buralistes ont eu la chance eux, de recevoir un numéro 0 de télé poster.

Un numéro qui explique ce qu’est ce fameux supplément, pourquoi il faudra le donner et proposant un poster d’Indiana Jones ( prévu dans l’ancienne version TELEPOSTER qui devait se vendre seule). Ce qui est dingue avec ce numéro 0 c’est que moi-même enfant, mon buraliste me l’a offert et j’en ai 1 souvenir très net. Depuis je l’ai évidemment pas gardé, avec regrets.

Mais grâce à Laurent Barraud, collectionneur qui compte dans le cercle étroit des archivistes de PIF, voici les visuels de ce numéro 0, et qui illustre totalement la démarche dont je vous parlais vis-à-vis des buralistes:

Je rajouterai à cet extrait qu’en effet ce numéro 0 a été créé avec des grilles de programmes datant du fameux test fait pour l’hypothétique sortie de télé poster en tant que revue à part entière.

« Mais pourquoi ce supplément à part dans un premier temps et sous le nom TELE POSTER ?« 

Du numéro 832 au 846, le télé poster est un supplément à part et la raison en est simple. Quand les éditions VMS ont voulu créer ce magazine ( avec l’échec expliqué ci-avant) ils ont déposé une commission paritaire ( en gros, de quoi être éligible à des aides et des réductions fiscales sur une parution journalistique). Celle-ci ayant démarré en juin 1984, il convient d’en exploiter un temps soit peu les avantages.

Pour cela, le supplément doit être dans une vie hors de celle de PIF GADGET au niveau de sa distribution et garder son nom sous lequel il a obtenu sa commission.

Oui mais, il reste un supplément soumis à l’achat de PIF GADGET et cela va vite se voir. On ne joue pas avec le fisc. Une fois la première année écoulée, la commission obtenue est dénoncée et ne peut plus servir ce modèle économique.

« Donc, à part pour les tirages abonnés, oui, les télé posters entre le numéro 832 et 846 sont forcément à part« 

« Le numéro 846, dernier sorti avec le logo TELEPOSTER . Bien que sous cello, le Téléposter est encore non intégré« 

Dès le numéro 847, les choses changent et TELEPOSTER devient TELEPIF POSTER, supplément toujours détaché du magazine mais cette fois systématiquement sous cellophane avec le magazine. Excepté pour les exemplaires diffusés en île de France.

Affranchi de la commission paritaire et détenteur d’une recette qui gagne, le supplément intègre donc le nom de PIF dans son titre. Il est enfin aussi une part entière du magazine et draine du coup de nombreux annonceurs qui voient en ce support une excellente occasion d’y faire de la publicité pour des jouets issus de dessins animés ( voir l’article sur la franchise Blackstar pour illustrer ce phénomène)

Et cette cohérence commerciale va booster les ventes. La période du 847 au 874 est considérée comme l’apogée du TELEPIF. Avec entres autres des partenariats commerciaux donnant lieu à des posters mythiques :

( Jayce et les Conquérants de la lumière, Blackstar, Transformers, les GOONIES, les Mondes Engloutis, la sélection des truffes d’or 85 sont les télé Pifs posters les plus recherchés et se monnayent parfois à plus de 15 euros pièce.)

Puis, arrive le numéro 875, reflet d’une réalité économique difficile pour PIF GADGET…..

Mais avant de s’y intéresser et pour conclure ce chapitre TELEPOSTER/TELEPIF POSTER, regardons un peu en photos ce qu’on y trouvait dans ce supplément désormais mythique….

Photo 1 : Fête du jour, une information historique souvent très bien choisie

Photo 2 : Nos programmes cultes. Pas au point de louper une réunion entre copains mais les jours de pluie…indispensable

Photo 3 : Un billet d’humeur par jour, avec Pif ou Hercule. L’occasion de dessins sympas

Photo 4 : Une sélection parfois louche pour nos âges…

Photo 5 : 1 poster parfois devenu mythique et qu’on étaient fiers d’accrocher dans nos chambres

Voilà, cette première partie s’achève et si vous vouliez tout savoir sur l’origine de TELEPIF POSTER, ce chapitre a dû vous plaire !

Mais il reste une deuxième partie tout aussi passionnante racontant la lente agonie de ce supplément mythique et vous savez quoi ? Elle vous sera conté dans 10 petits jours !

En attendant, n’hésitez pas à laisser vos commentaires, à liker si vous avez aimé car évidemment vos avis m’intéressent et me motivent.

PIF VIDEO KIDS:Chronique d’un désastre annoncé

PIF VIDEO KIDS:Chronique d’un désastre annoncé

Au début des années 90, Pif gadget n’est plus qu’un pâle reflet de lui-même.
Le magazine n’est plus que de la réédition de BD et de gadgets qui ont fait ses heures de gloire.

Mais les éditions VMS croient toujours dur comme fer qu’ils ont entre les mains un magazine capable de rabattre les enfants dans les mains des marques de bonbons, phénomènes de cour de récré et autres enseignes de fast food….

Sauf qu’en 1992, il y a un secteur qui bat son plein dans la tête des 6-17 ans, c’est le jeu vidéo !
Et là, Pif croit encore qu’il va, rien que sur sa notoriété ( pourtant déjà bien en peine ), s’accaparer le sujet et rallier l’argent de poche des enfants.

Il y a juste un détail oublié de sa part , la presse vidéo ludique est en pleine ébullition et ce depuis 3 ans minimum.
Les magazines pullulent : Joypad, Consoles +, Player One sont les stars des enfants et ce, dès 8 ans !

Et là, Pif tente une publication insensée qui ne tiendra qu’un numéro ! En l’occurrence : PIF VIDEO KIDS

Insensé ? Oui mais pourquoi ?

« Une couverture, 3 licences…0 copyright ! Pif joue les rebelles 😉 »

Petite légende pour lire la suite :

(PVK= Pif video kids )

(JYP= Joypad)

-Pvk = 25 pages , 15 francs !
-Jyp= 180 pages, 30 francs !

Pvk= 0 publicités officielles, 0 autorisation de mettre des photos de jeux


Jyp= pubs officielles à gogo sur lesquelles on bavaient, plus de 300 photos par numéro.

Pvk= Des tests inconsistants ( 4 par pages) et aucune info fraiches


Jyp= Des tests argumentés sur 2 pages et des infos qui frôlent le scoop à chaque fois !

Bref, Pif est à la ramasse sur tous les sujets et n’a récolté que ce qui était prévisible : 1 gros bide !

On parle de moins de 2000 ventes pour un tirage à 30.000 exemplaires !

La vérité sur cette publication est que les éditions VMS ont pris sur elle de sortir ce magazine sans publicités pour qu’il serve de vitrine afin d’attirer la publicité au sein d’un éventuel numéro 2 ( qui ne sortira jamais).

Mais Nintendo, Sega, Sodipeng et autres Micromania ( oui oui déjà à l’epoque) avait déjà avec Consoles + et consorts, largement de quoi publier de magnifiques pubs, dans des magazines qui vendaient à plus de 100 000 exemplaires chaque mois.

Bref, un numéro 0 , ou pilote mais qui n’aurait aussi pas dû sortir !

Mais il y a 2 anecdotes à son sujet, et pas des moindres :

1-Cette publication a coûté cher aux éditions VMS et est même en partie responsable de la chute fatale de Pif gadget, car la perte financière fut très importante.

2-Trouver aujourd’hui un exemplaire relève du miracle, du coup de pot, car tous les invendus ont été détruits et non remis en pochette ensuite.

VMS avait honte de cette publication qui n’aurait jamais dû être autre chose qu’une brochure à destination des annonceurs pour ensuite sortir 1 magazine financé.

Pour en avoir 1, il faut donc trouver 1 particulier qui lui-même en a 1, et ils sont peu et très peu à l’avoir conservé !

Moi même mon exemplaire est complet mais en état très moyen. Neanmoins il me permet de vous montrer son contenu et d’illustrer toutes les failles citées dans cet article.

Mention spéciale à la photo de l’édito, qui montre à quel point Pif ne doutait de rien….

Sachez donc pour finir, qu’un exemplaire propre avec son poster se monnaye entre 15 et 20 euros !

Pas pour son contenu mais son coté peu répandu.

PIF SUPER CLUB : Deviens abonné VIP !

PIF SUPER CLUB : Deviens abonné VIP !

Le logo officiel du Pif super Club

Et oui ! A l’occasion de la sortie de son numéro 1000, Pif lança son club.

C’est la mode des Clubs à cette époque et Pif surfe allègrement sur la popularité du club des maîtres de l’univers pour lancer le sien.


Des avantages, des cadeaux à obtenir en collectant des points, une gazette trimestrielle, des concours dédiés aux abonnés, bref, de quoi avoir envie de tanner les parents pour être abonné au magazine avec une raison de plus.

Le collecteur de points était l’argument N•1 et chaque semaine vous pouviez découper 20 points à coller dessus pour obtenir selon 1 barème précis, des lots plus gros selon votre nombre de points collectés.

Le Club a eu 1 beau démarrage et les 2 premières années, les points servaient à obtenir des colis remplis de gadgets ou des cadeaux plus  » standard  » dont aucun gamin ne voulait. La gazette aussi à vite perdu de son âme.

Au début, il y avait des avant-première sur les gadgets à venir, des collecteurs de points supplémentaire et des réductions avec des partenaires publicitaires.


Au fil des mois, les gadgets ont disparu des lots proposés, au profit de cadeaux publicitaires ou très Toc…

Puis…plus rien.

Au bout de 3 ans, le club était juste un mot prétexte pour filer 1 cadeau avec un abonnement mais après ce cadeau…plus rien…

Pourquoi cela s’est il effondré ainsi ?
Assez simple. Le club a subit les problèmes économiques des éditions VMS et était devenu un coût logistique non assumable.

Il est donc devenu un prétexte commercial pour générer de l’abonnement. Puis est mort très vite quand le magazine sentait sa fin venir.

Voici d’ailleurs tout un tas d’offres d’abonnement déguisées en adhésion au Pif super Club. Avouons que ça passait de tout à presque rien….

Il est d’ailleurs assez intéressant de voir que dans les numéros après 1200, Pif vous motivait plus à vous abonner aux Pif géant ( recueil pas cher de pages de bd ou de jeux déjà publiées auparavant) qu’a Pif lui-même.

Le club était mort…vive le club !