L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER (2/3)

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER (2/3)

Bientôt disponible en XS…

A la fin du 1er chapitre, nous laissions notre histoire à un moment charnière. Un mauvais moment pour tout dire…Celui où les éditions VMS décident de tenter l’impensable: Vendre chaque semaine un PIF sans gadget !!!

2-TELEPIF POSTER: La lente descente aux enfers…

Oui, le numéro 875 est en soi une révolution. Pas forcément celle que l’on attendait mais cela fait des années ( pour tout dire depuis 1981) que le calcul est le suivant: Les ventes du magazine baissent, car esclave de la qualité du gadget , beaucoup trop mis en avant comme argumentaire d’achat en kiosque depuis 1975. Ce qui a créé autour du contenu du magazine en lui-même, une forme de non identité, pourtant très forte une décennie en arrière.

A force de squatter les couvertures sans cesse, le gadget a fait passer derrière la pertinence  » lecture ». Les parents ont de plus en plus l’impression d’acheter une pochette surprise qu’un magazine.

Il faut donc trouver un moyen d’inverser cette courbe des ventes en mettant en avant le magazine en lui-même? et non pas forcément le gadget. Et arriver petit à petit à se passer du gadget.

Cette philosophie commence en 82 quand Pif Gadget devient : Le nouveau PIF et son gadget. Une première étape franchit notamment avec pour la première fois une couverture recto et verso. L’une vantant le gadget et l’autre le contenu du magazine. Ainsi, en kiosque, la façon de présenter le journal sur les étalages influera peut-être sur des motivations différentes et la rédaction pourra enfin remontrer que PIF est un journal rempli de contenu, de BD et d’infos. Et puis si le gadget est mauvais aux yeux des parents, la deuxième couverture rattrape le coup ( un enfant malin prétextant qu’il adore la BD qui est dans ce numéro)

1 recto ou verso pour t’appâter avec du contenu…

1 recto ou verso pour t’appâter avec le gadget

La nuance est faible mais PIF GADGET n’est plus et devient « le nouveau PIF et son gadget ». Ceci afin de bien expliquer que c’est un magazine avant tout et que la mention  » et son gadget » détachée en bas peut du jour au lendemain disparaître.

Une façon de tâter le terrain, complétée par une multiplication des publications à cette époque, pour que la trésorerie que génère et engouffre le magazine redevienne saine en tentant petit à petit d’amoindrir l’effet gadget et en faisant acheter d’autres publications VMS (pour la petite histoire, PIF SUPER GADGET avait été tenté pour petit à petit détaché le gadget du magazine principal et créer 2 achats distincts avec progressivement plus de gadget dans le magazine principal)

Mais la suite vous la connaissez…le gadget n’a jamais disparu, l’enlever déclenchant 1 risque d’écroulement des ventes qui serait fatidique pour le groupe.

Sauf qu’en 1986, la pression financière est de plus en plus forte et les éditions VMS doivent faire des économies. L’année commence donc avec 2 décisions: tout d’abord PIF et son Gadget est rebaptisé PIF tout court. Le logo du magazine change après 4 ans de stabilité et annonce la couleur: le magazine est débarrassé de l’obligation d’offrir un gadget !

La photo de ce numéro 875 évoque la deuxième et fondamentale décision: plus de cellophane !

Pif désormais, est un magazine qui peut t’offrir de temps à autre des cadeaux, et le mot devient maître dans cette nouvelle formule comme le montre ces scans de pages de ce numéro:

3 fois le mot « cadeau » dans l’éditoriale ? Si ça , c’est pas fait pour t’expliquer que l’ère du gadget est en phase terminale ?

Et le premier cadeau est un calendrier en papier !!
Normal,on ne doit plus ou peu pratiquer le cellophane pour économiser . Pif le Mag 2021 avant l’heure…

Oui plus de cellophane ! Du moins pendant 13 numéros, va être testé des numéros sans et avec pour voir l’influence sur les ventes. Pourquoi 13 ? parce que c’est la période nécessaire pour avoir les résultats de ventes via les retours des buralistes. A partir de la semaine 13, on connaît les ventes du 875, puis la semaine 14 du 876 etc…

Ceci explique que jusqu’au 899 , les éditions vaillant tenteront des numéros sans gadgets, avec , ou avec suppléments publicitaires ( les albums panini de COBRA et de JAYCE, respectivement dans le 879 et le 890 ) ou gadgets en papiers agrafés au centre du journal ( le Recorama par exemple du numéro 898).

2 exemples de numéro contenant un  » Gadget ( mot revenu très rapidement en lieu et place de « cadeau » ) en papier:

Mais plus les résultats tombent, plus ils sont catastrophiques…et on sait que durant cette période, les ventes ont chuté de plus de 30%. A partir du numéro 899, la décision est prise de remettre systématiquement chaque semaine 1 gadget et même de remettre du budget dans le magazine pour en proposer des plus beaux et plus variés. A ce sujet, cela se vérifiera sur la période 900-1000.

Mais notre télépif poster dans tout ça ? Que lui est-il arrivé face à ces révolutions?

Tout d’abord le voilà à partir du numéro 875 et pour toujours, agrafé au centre du journal. Cette décision impose que son format change, mais sa maquette reste la même et la grille de programme est toujours fidèle à son esprit d’origine. Le poster voit sa taille baisser de 20% mais avouons que ça reste encore très sympa et complet pour un gamin de l’époque.

Avant / Après le numéro 875

Mais revenons aux résultats de ventes énoncés précédemment. Le pari du sans gadgets a échoué et il faut donc remettre très vite ce constituant vital, car les abonnements ( 60% des ventes) et les ventes directes s’écroulent.

Le gadget revient, alors il faut faire vite des économies ailleurs. Vous vous souvenez des 100 pages du numéro 875? Dès le 893, on repart à 52 pages, ni vu ni connu. Et là aussi sans rien dire, le Télépif poster subit un régime drastique.

Cette fois-ci le poster réduit de 50% sa taille et la grille de programmation est abandonnée au profit d’une sélection de programmes ( tout à fait subjective) comme le démontre la galerie d’images ci-dessous.

« Heu…qui pense à l’âge du lecteur en lui proposant cette sélection de programmes ?« 

« A part BURAGO, il y a quoi de visible et lisible dans cette double page ? »

« La mise en page pense d’abord aux annonceurs publicitaires« 

« A droite, le poster jusqu’au 893, à gauche…le même supplément…mais à la diète« 

Et oui, vous l’avez sans doute compris en regardant les photos, télépif devient d’abord un support pour les annonceurs publicitaires qui, avec la réduction de taille de ce supplément, en veulent pour leur argent et occupent toutes les pages et plusieurs fois par semaine ( à ce propos, le contrat avec la marque BURAGO devait être conséquent parce que là, c’est un véritable matraquage et cela durera de longs mois).

S’il faut de la place pour la pub, il y en a moins pour les programmes et la fameuse grille que l’on aimait tous. En gros il faut faire des choix et celle-ci disparaît. Choix d’ailleurs accentués par le fait que la division qui s’occupait de la rédaction des contenus de Télépif était composée de gens qui travaillaient pour Miroir sprint , la société qui a fusionné avec Vaillant en 1981? et qui rapportait gros avec des revues sportives telles que Miroir du Cyclisme ou encore ONZE, le magazine football de référence. Oui mais cette équipe s’est aussi réduite avec les économies nécessaires ( et la revente du titre ONZE à un autre éditeur de presse) et du coup, rédiger le Télépif devient petit à petit une corvée, parfois entre les mains de stagiaires qui le remplissent selon leurs humeurs…on va dire. Parfois pour combler les trous, on insère même la rubrique du Gadget dans le télépif, histoire de remplir une page où on a rien à dire!

Mais le mécontentement des lecteurs est grand et se fait savoir à travers les courriers. En gros, la formule ne plaît pas.

Il faudra attendre le numéro 972 pour revoir une grille de programme et le retour d’une maquette rappelant celle des origines. Toujours en taille XS et avec une différence de taille….plus un ( ou si peu) posters de dessins animés !!!???

Quelques nouveautés néanmoins qui préfigure malheureusement de mauvaises idées pour la suite: l’interview Télépif et la dernière page pour de la publicité ou des partenariats

( Au passage, on ne saura jamais si elles étaient vraies, ou si les attachés de presse les donnaient ainsi)

Voici quelques photos pour illustrer cette nouvelle mouture:

Souvenez-vous dans la première partie, nous évoquions des tirages à plus de 200 000 exemplaires courant 83. En 1987, Pif Gadget ne tire plus qu’à 130 000 exemplaires et c’est peu dire que ce supplément Télépif, même s’il est apprécié, même s’il est support publicitaire vital au journal, doit coûter quand même un peu chaque semaine ?

Fausse croyance…et pour s’en rendre compte voici une archive sympathiquement instructive: Un bon de commande pour les impressions du Télépif du numéro 972 justement. A travers le tirage demandé on y devine le tirage du magazine ( 130 300 donc..) mais aussi le coût unitaire du Télépif en question ( à peine plus d’un centime de francs !)

Cela n’est donc pas le Télépif en lui-même qui coûte cher, c’est même un excellent support économique qui ne doit pas disparaître. Mais la réduction du tirage du journal sans réductions des coûts de fabrication du gadget ( bien au contraire ils augmentent sans cesse) commencent à chatouiller sévèrement la comptabilité.

Rappelons pourtant que malgré ces hausses, Pif coûtent toujours 10 francs depuis 1985…

« Mais nous étions en train de dire que les TELEPIFS POSTER à compter du 972, ne proposaient plus de posters de dessins animés, alors qu’ils sont les plus appréciés et que, pourtant, les fameuses truffes d’or annuelles de 1987 pointent le bout de leur nez…on dirait même que certaines images de dessins animés au sein de la grille des programmes n’ont plus lieu d’être…? « 

Une vraie raison à cela…et elle vous sera dévoilé très rapidement dans la troisième et dernière partie de l’histoire du TELEPIF POSTER !

1 indice ? ok ! mais 1 tout petit alors ( par sa taille du moins 😉

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER ( 1/3)

L’HISTOIRE DU TELEPIF POSTER ( 1/3)

TELEPIF… qui croyait prendre !

Un sacré jeu de mots pour démarrer ce long dossier. Mais vous allez voir que l’histoire de ce fameux supplément TV à destination des lecteurs de PIF GADGET regorge d’infos sur sa génèse et sa fin progressive. Allez, prenez votre télécommande, zappez sur PASSION PIF et c’est parti !

1-DE TELEPOSTER à TELEPIF POSTER…

De nouvelles concurrences qui motivent un besoin de différence

Nous sommes en 1983. Les enfants qui ont entre 6 et 12 ans cette année-là sont des privilégiés. Ils découvrent la télé en couleurs et des émissions jeunesse qui fleurissent pour eux, avec en semaine une émission phare, j’ai nommé Récré A2 sur Antenne 2 , le mercredi, les visiteurs du mercredi sur TF1 et un Récré A2 d’après-midi et lors des vacances des émissions cultes qui pointent petit à petit le bout de leur nez comme Croques Vacances par exemple.

C’est depuis 5 ans, une évolution perpétuelle. Et si Goldorak depuis 1978 déchaîne les enfants, comme les audiences de ce genre de programmes, il est normal que d’années en années, chaque chaîne développe des heures de plus en plus importantes dédiées aux bambins.

Sans faire ici un inventaire complet ( préférez pour cela l’excellent site : les années Récré), qui aurait oublié sa joie de découvrir des dessins animés aussi mythiques que COBRA, COSMOCATS, TOM SAWYER, CANDY ETC…

Oui, vous les revoyez et là d’un coup tout revient et on a juste envie que la machine à remonter le temps existe !

Dans ce contexte, qui dit des heures en plus devant tout ces héros, dit des heures de moins devant un bouquin ( un peu le 1er cycle de ce qui aujourd’hui est la même pour la télévision au profit des heures passées sur les jeux vidéo et/ ou Internet)

Et Pif ( du moins sa direction commerciale) voit bien que le vent tourne. Déjà TELE PARADE ou TELE JUNIOR grapillent des ventes en affichant en gros sur leurs couvertures les nouveaux héros des enfants, en offrant des posters et des autocollants. Mickey lui fait le beau avec le carton de Disney Channel sur FR3 le samedi soir. Et PIF lui, se voit avec son gadget et ses héros maisons devenir un petit peu moins le pote des enfants. Ses ventes déclinent et on passe à cette époque de 300 000 exemplaires vendus en 1980 à 240 000 en 1983 (chiffres estimés quant aux tirages réalisés sur l’année 1983 et indiqués dans des documents d’archives)

En regardant ces couvertures, tu m’étonnes que les bambins que nous étions louchions sur ces couverture dans nos kiosques favoris ! Pif n’était plus l’attraction numéro 1

Pif Gadget a donc du souci à se faire avec cette satanée télévision et alors que déjà le Gadget devient, et la force et la faiblesse du magazine, ( il commence à coûter trop cher et paradoxalement s’il n’est plus, le magazine s’effondre) et l’heure est à la diversification des parutions pour récupérer d’un coté ce que le  » vaisseau Amiral » ( PIF GADGET était surnommé ainsi par L’Humanité) perd, et de l’autre engendrer une nouvelle typologie de lecteurs, et donc de nouvelles rentrées économiques.

Plusieurs exemples peuvent illustrer cette stratégie :

PIF FILLES / PIF SUPER GADGET/ PIF JEUX ET CASSE-TETE etc… ( oui chacune de ces revues auront bientôt leurs dossiers 😉

Et là où cela nous intéresse aujourd’hui c’est que PIF veut croquer aussi dans le business de la télé pour enfants. Est décidé alors la création d’un magazine qui s’appellera TELEPOSTER ! En gros, puisque PIF n’a pas de licences exploitables en télé, la rédaction va tout simplement tenter de proposer un programme TV dédié aux enfants avec pour attraction principale un Poster.

Oui j’ai bien dit un magazine car au début, rien n’est prévu pour que ce TELEPOSTER soit un supplément de Pif Gadget. C’est un magazine hebdomadaire prévu à 2,50 franc et dont des tests de captation sont réalisés en 1984.

TELEPOSTER a été testé dans certaines régions comme magazine à part entière et ce, pendant 6 semaines ( délai nécessaire à l’époque pour recenser et remonter des statistiques de ventes).

Un test de captation consistant à mettre en avant une nouvelle revue dans certaines régions tests avec achats d’espace type encarts A3 ou présentoirs pour la mettre en évidence et observer l’intérêt ou non des clients réguliers. En gros : « Tu venais chercher ton PIF, alors est-ce que si je te montre ça à coté tu vas l’acheter ? « 

Le test est un bide monumental et d’après Robert Andreucci ( ex directeur des publications VMS à cette époque), c’était couru d’avance, car les programmes pour la jeunesse figuraient dans les iconiques TELE STAR , TELE 7 JOURS et autres TELE POCHE donc, où PIF pouvait prétendre faire vendre un programme à son effigie ( très discrète) en plus du programme que les parents achetaient ?

Impossible aujourd’hui de mettre la main sur un de ces exemplaires tests, car n’étant pas soumis aux retours d’invendus, ils finissaient au pilon. Mais qui sait ? un jour peut-être…

TELEPOSTER est mort né…oui, mais Pif à plus d’un tour dans sa truffe !

Car si TELEPOSTER ne peut pas vivre en tant que magazine, il est clair que son ambition de faire de PIF GADGET, un relais malin et financier des programmes télé reste d’actualité.

Comment faire ?

Déjà, il faut être crédible. Et quand encore une fois vous êtes le terrain de jeu préférés des annonceurs pour les publicités de jouets ou de friandises mais que vous n’avez rien à proposer en licence télé, c’est pas si simple…

Terrain de jeu des annonceurs pour les jouets et les friandises ?

Voilà donc une aubaine pour en faire de même avec les diffuseurs ou les chaînes de télé, qui ont besoin dans un contexte ultra concurrentiel, de faire émerger leur  » offre jeunesse ». On entend par là, démontrer que les dessins animés sont bien meilleurs dans la crémerie 1 que la crémerie 2.

Le service marketing de PIF va alors redoubler d’imagination et proposer un concours aux enfants camouflant un véritable sondage d’opinion pour les chaînes de TV, leur permettant exposition et séduction ( via des prix énormes) à plus de 200 000 lecteurs et 4,5 millions de jeunes en France regardant leurs programmes à cette époque.

PIF lance donc les TRUFFES D’OR. Un fabuleux stratagème marketing qui lui permet pendant 4 semaines et pour la première fois, d’afficher des héros TV en couverture, de mettre des visuels dans ses pages et de faire gagner des prix en récoltant des tendances via ses lecteurs.

Le succès est tel qu’à la fois les ventes du magazine redécollent et que les diffuseurs voient dans le magazine un nouvel axe de promotion de leurs séries ( les truffes d’or dureront 4 années consécutives avant d’être anéanties par l’hégémonie d’AB productions en 89, mais nous y reviendrons dans un dossier dédiée aux TRUFFE D’OR)

Pif vient donc de créer sa légitimité dans le domaine des programmes jeunesse et ressort du tiroir son envie de parler TV toutes les semaines mais cette fois en adoptant directement la stratégie du supplément « offert »

TELEPOSTER OFFERT ? PUBLICITE D’ENFER !

Il faut donc faire savoir que désormais TELEPOSTER va être donné aux lecteurs mais aussi en informer les buralistes qui vont être acteurs ( pas longtemps) de la réussite de ce supplément car c’est eux qui vont le donner aux enfants quand ils passeront leurs Pifs en caisse.

Pour cela Pif propose une double information. La première à l’attention des lecteurs via un supplément volant donné dans le numéro 931( trouvable uniquement dans des PIFS encore sous cellophane ) qui contenait au passage une maquette de navette spatiale extrêmement fragile . Ce supplément est devenu rare mais en voici les photos rien que pour vous !!!

Le 831 nous présente PIF, fier défenseur d’une injustice : il est temps d’offrir aux enfants un programme TV personnalisé

On le voit donc sur la dernière photo, il faut réclamer ce supplément à son buraliste, sinon il y a de grandes chances que ça vous passe sous le nez. Et lui le buraliste ? comment il sait qu’il faut offrir ce supplément ?

Car attention…il y a anguille sous roche dans cette affaire.

Pif vaut 9 francs jusqu’au numéro 931 et « t’offre » pour 1 franc de plus ( sympa la notion de gratuit chez PIF ) le supplément Télé poster .

Sauf que même si ton buraliste te le donne pas, tu paieras 10 francs ton magazine. Il y a donc risque de mécontentement et de confusion car non, tu ne peux pas payer 9 francs si tu ne prends pas le supplément.

« Voilà ce que tu devais recevoir en achetant PIF GADGET un beau matin du 5 mars 1985 »

Alors pour éviter les drames, les pleurs ou les parents mécontents, les buralistes ont eu la chance eux, de recevoir un numéro 0 de télé poster.

Un numéro qui explique ce qu’est ce fameux supplément, pourquoi il faudra le donner et proposant un poster d’Indiana Jones ( prévu dans l’ancienne version TELEPOSTER qui devait se vendre seule). Ce qui est dingue avec ce numéro 0 c’est que moi-même enfant, mon buraliste me l’a offert et j’en ai 1 souvenir très net. Depuis je l’ai évidemment pas gardé, avec regrets.

Mais grâce à Laurent Barraud, collectionneur qui compte dans le cercle étroit des archivistes de PIF, voici les visuels de ce numéro 0, et qui illustre totalement la démarche dont je vous parlais vis-à-vis des buralistes:

Je rajouterai à cet extrait qu’en effet ce numéro 0 a été créé avec des grilles de programmes datant du fameux test fait pour l’hypothétique sortie de télé poster en tant que revue à part entière.

« Mais pourquoi ce supplément à part dans un premier temps et sous le nom TELE POSTER ?« 

Du numéro 832 au 846, le télé poster est un supplément à part et la raison en est simple. Quand les éditions VMS ont voulu créer ce magazine ( avec l’échec expliqué ci-avant) ils ont déposé une commission paritaire ( en gros, de quoi être éligible à des aides et des réductions fiscales sur une parution journalistique). Celle-ci ayant démarré en juin 1984, il convient d’en exploiter un temps soit peu les avantages.

Pour cela, le supplément doit être dans une vie hors de celle de PIF GADGET au niveau de sa distribution et garder son nom sous lequel il a obtenu sa commission.

Oui mais, il reste un supplément soumis à l’achat de PIF GADGET et cela va vite se voir. On ne joue pas avec le fisc. Une fois la première année écoulée, la commission obtenue est dénoncée et ne peut plus servir ce modèle économique.

« Donc, à part pour les tirages abonnés, oui, les télé posters entre le numéro 832 et 846 sont forcément à part« 

« Le numéro 846, dernier sorti avec le logo TELEPOSTER . Bien que sous cello, le Téléposter est encore non intégré« 

Dès le numéro 847, les choses changent et TELEPOSTER devient TELEPIF POSTER, supplément toujours détaché du magazine mais cette fois systématiquement sous cellophane avec le magazine. Excepté pour les exemplaires diffusés en île de France.

Affranchi de la commission paritaire et détenteur d’une recette qui gagne, le supplément intègre donc le nom de PIF dans son titre. Il est enfin aussi une part entière du magazine et draine du coup de nombreux annonceurs qui voient en ce support une excellente occasion d’y faire de la publicité pour des jouets issus de dessins animés ( voir l’article sur la franchise Blackstar pour illustrer ce phénomène)

Et cette cohérence commerciale va booster les ventes. La période du 847 au 874 est considérée comme l’apogée du TELEPIF. Avec entres autres des partenariats commerciaux donnant lieu à des posters mythiques :

( Jayce et les Conquérants de la lumière, Blackstar, Transformers, les GOONIES, les Mondes Engloutis, la sélection des truffes d’or 85 sont les télé Pifs posters les plus recherchés et se monnayent parfois à plus de 15 euros pièce.)

Puis, arrive le numéro 875, reflet d’une réalité économique difficile pour PIF GADGET…..

Mais avant de s’y intéresser et pour conclure ce chapitre TELEPOSTER/TELEPIF POSTER, regardons un peu en photos ce qu’on y trouvait dans ce supplément désormais mythique….

Photo 1 : Fête du jour, une information historique souvent très bien choisie

Photo 2 : Nos programmes cultes. Pas au point de louper une réunion entre copains mais les jours de pluie…indispensable

Photo 3 : Un billet d’humeur par jour, avec Pif ou Hercule. L’occasion de dessins sympas

Photo 4 : Une sélection parfois louche pour nos âges…

Photo 5 : 1 poster parfois devenu mythique et qu’on étaient fiers d’accrocher dans nos chambres

Voilà, cette première partie s’achève et si vous vouliez tout savoir sur l’origine de TELEPIF POSTER, ce chapitre a dû vous plaire !

Mais il reste une deuxième partie tout aussi passionnante racontant la lente agonie de ce supplément mythique et vous savez quoi ? Elle vous sera conté dans 10 petits jours !

En attendant, n’hésitez pas à laisser vos commentaires, à liker si vous avez aimé car évidemment vos avis m’intéressent et me motivent.

PIF VIDEO KIDS:Chronique d’un désastre annoncé

PIF VIDEO KIDS:Chronique d’un désastre annoncé

Au début des années 90, Pif gadget n’est plus qu’un pâle reflet de lui-même.
Le magazine n’est plus que de la réédition de BD et de gadgets qui ont fait ses heures de gloire.

Mais les éditions VMS croient toujours dur comme fer qu’ils ont entre les mains un magazine capable de rabattre les enfants dans les mains des marques de bonbons, phénomènes de cour de récré et autres enseignes de fast food….

Sauf qu’en 1992, il y a un secteur qui bat son plein dans la tête des 6-17 ans, c’est le jeu vidéo !
Et là, Pif croit encore qu’il va, rien que sur sa notoriété ( pourtant déjà bien en peine ), s’accaparer le sujet et rallier l’argent de poche des enfants.

Il y a juste un détail oublié de sa part , la presse vidéo ludique est en pleine ébullition et ce depuis 3 ans minimum.
Les magazines pullulent : Joypad, Consoles +, Player One sont les stars des enfants et ce, dès 8 ans !

Et là, Pif tente une publication insensée qui ne tiendra qu’un numéro ! En l’occurrence : PIF VIDEO KIDS

Insensé ? Oui mais pourquoi ?

« Une couverture, 3 licences…0 copyright ! Pif joue les rebelles 😉 »

Petite légende pour lire la suite :

(PVK= Pif video kids )

(JYP= Joypad)

-Pvk = 25 pages , 15 francs !
-Jyp= 180 pages, 30 francs !

Pvk= 0 publicités officielles, 0 autorisation de mettre des photos de jeux


Jyp= pubs officielles à gogo sur lesquelles on bavaient, plus de 300 photos par numéro.

Pvk= Des tests inconsistants ( 4 par pages) et aucune info fraiches


Jyp= Des tests argumentés sur 2 pages et des infos qui frôlent le scoop à chaque fois !

Bref, Pif est à la ramasse sur tous les sujets et n’a récolté que ce qui était prévisible : 1 gros bide !

On parle de moins de 2000 ventes pour un tirage à 30.000 exemplaires !

La vérité sur cette publication est que les éditions VMS ont pris sur elle de sortir ce magazine sans publicités pour qu’il serve de vitrine afin d’attirer la publicité au sein d’un éventuel numéro 2 ( qui ne sortira jamais).

Mais Nintendo, Sega, Sodipeng et autres Micromania ( oui oui déjà à l’epoque) avait déjà avec Consoles + et consorts, largement de quoi publier de magnifiques pubs, dans des magazines qui vendaient à plus de 100 000 exemplaires chaque mois.

Bref, un numéro 0 , ou pilote mais qui n’aurait aussi pas dû sortir !

Mais il y a 2 anecdotes à son sujet, et pas des moindres :

1-Cette publication a coûté cher aux éditions VMS et est même en partie responsable de la chute fatale de Pif gadget, car la perte financière fut très importante.

2-Trouver aujourd’hui un exemplaire relève du miracle, du coup de pot, car tous les invendus ont été détruits et non remis en pochette ensuite.

VMS avait honte de cette publication qui n’aurait jamais dû être autre chose qu’une brochure à destination des annonceurs pour ensuite sortir 1 magazine financé.

Pour en avoir 1, il faut donc trouver 1 particulier qui lui-même en a 1, et ils sont peu et très peu à l’avoir conservé !

Moi même mon exemplaire est complet mais en état très moyen. Neanmoins il me permet de vous montrer son contenu et d’illustrer toutes les failles citées dans cet article.

Mention spéciale à la photo de l’édito, qui montre à quel point Pif ne doutait de rien….

Sachez donc pour finir, qu’un exemplaire propre avec son poster se monnaye entre 15 et 20 euros !

Pas pour son contenu mais son coté peu répandu.

Pif gadget numero 759: Le Poster sinon rien !

Pif gadget numero 759: Le Poster sinon rien !

Quasi tout le temps, la valeur d’un Pif gadget , sera conditionnée par le gadget en lui-même.
Mais ce numéro 759 a la particularité d’avoir sa côte uniquement haute que si le poster au centre est présent !

En effet, il contient l’affiche préliminaire du film  » LE RETOUR DU JEDI » , qui ensuite a connu des modifications visuelles et a travers elle, tous les fans de star wars ont l’occasion d’avoir 1 source unique pour leur collection.

Mais le vrai plus, c’est la double page présentant les jouets conçus pour la sortie du film , qui contient…certains jouets très rares, voir pas sortis en France !
Alors du coup, comprenez bien que pour un fan de Star Wars , ce numéro est 1 petit bijou.

Pour résumer, ce numéro pose 1 dilemme pour les collectionneurs :

Acheter sous blister ce numéro coûte au bas mot 70 euros et n’est qu’une frustration, car l’ouvrir pour voir le contenu Star wars consiste à lui faire perdre 50% de sa valeur.

Mais le trouver déballé mais avec son poster toujours présent, est presque un miracle qui coûtera au bas mot 25 euros ! Pour un Pif déballé, le phénomène est rare .

Ce numéro  » Star Wars  » fait donc partie des numéros emblématiques pour tout collectionneur. Un acharné cherchera à avoir une version emballée et une autre déballée.

Je vous propose donc pour tous les autres, les photos de ce numéro, histoire que s’il y a des jedi en herbe parmi vous, vous puissiez profitez des images !

Pif 973 :  » La drogue c’est de la merde » !

Pif 973 :  » La drogue c’est de la merde » !

Article rédigé par Sébastien Gerard

Voilà une phrase qu’on ne s’attendrait pas à trouver dans Pif gadget.

Et pourtant dans le numéro 973, la rédaction du journal décide ( sous impulsion de Claude Bardavid) de publier un dossier au contenu mâture, choc et assez visuellement inhabituel pour un lectorat situé entre 6 et 12 ans.

Ce dossier a fait l’objet de toutes les attentions avec validation du contenu par des médecins, rédaction des textes avec validation de l’institut de l’enfant et dessins de Pif, de façon à assouplir le propos.
C’est une cause nouvelle pour l’époque (87) et la drogue devient devant le tabac un nouveau fléau des cours de collèges et lycées dans les grandes villes.

Pif, coutumier des luttes contre le tabac, s’attaque ici à un morceau où le prétexte gadget farce ou situations comiques en BD ne sont pas adaptés, comme auparavant avec la cigarette.
Comment sensibiliser sans choquer ?

La rédaction a vraiment réfléchi au contenu de ce dossier, et vous verrez à travers le dossier en photo que c’est non seulement très bien rédigé mais aussi très bien maquetté.

Mais pourtant, le dossier proposé est clairement adulte et ils ont beau faire pour trouver une formule , ni gags, ni fantaisie, ni vulgarisation ne sont possible sur le sujet…

Tant de travail pour que les enfants zappent ou ne comprennent pas…ce serait frustrant.

Il faut donc que les parents soient acteurs de cette lecture mais comment les inciter ?

Est pris alors la décision que la semaine précédente ( le numero 972), on rajoutera à la jetée un courrier formel à l’attention des parents. Une forme sérieuse, donnant de l’importance au contenu et éveillant sans doute une curiosité parentale.
Ce document est devenu rare, introuvable et aucun site internet ne l’a évoqué ni publié. Pas même le moindre article écrit sur son existence.

Il est pourtant signé de la main de Claude Bardavid et reste le témoignage d’une rédaction, qui, malgré des moyens de plus en plus limités à l’époque, savait encore être militante et sensibilisatrice.

Ce document, je vous le propose en photos ci dessous et son contenu reflète et illustre la démarche de la rédaction et quelque part, des coulisses du journal comme il est difficile d’en trouver aujourd’hui. Je suis fier de le posséder et le partager.

Pif à très longtemps gardé son ADN de porteur de causes. Au maximum on dira…car les 2 dernières années du magazine, ce fut impossible, par manque de moyens.